Dimanche 27 avril 2008

Alors que mes demoiselles sont en France, la Moldavie, petit pays enclavé entre l’Ukraine et la Roumanie, m’accueille depuis quelques semaines déjà… L’Ukraine voisine me tend les bras : Odessa, sa capitale maritime, n’est qu’à quelques heures de route, et depuis un an, nul besoin de visa pour entrer dans le pays. La conclusion est facile : le week-end sera ukrainien !

                                                          

Bus aux aurores, arrivée matinale après le passage d’un poste frontière qui a su conserver –sans le vouloir probablement- son caractère soviétique (du douanier à chapka en peau de lapin ou à large casquette). D’emblée, le charme de la ville opère. Les façades ornées, aux couleurs pastelles, se succèdent dans le centre-ville : aux immeubles restaurés qui nous transportent au XIXème siècle alternent d’autres monuments décrépis mais non moins majestueux, qui attendent sagement qu’un esthète -plus souvent un investisseur- leur redonne leur lustre d’antant.

 

Avec plus d’un million d’habitant, Odessa représente l’une des toutes premières villes ukrainiennes et le premier port de marchandise du pays. Une liaison existe avec Varna, en Bulgarie (NDLR : où nous avons passé un an ½)… Petite hésitation… Mais non… Chisinau –Kishinev version russe-, la capitale moldave, attend notre retour ! Près du port, l’escalier Potemkine aux 192 marches, rebaptisé en l’honneur du Cuirassier éponyme et de ses mutins… A côté, le boulevard Primorski, magnifique rue qui domine la Mer Noire. La balade en ville est un plaisir de tous les instants

 



L’Ukraine ne serait pas l’Ukraine sans ses arts dramatiques : le Lac des Cygnes est donné ce soir… La musique de Tchaïkovski émeut autant que la délicatesse des danseuses étoiles. C’est magnifique ! Rien de mieux qu’un restaurant russe pour conclure le week-end !

 

Bons baisers d’Ukraine et à bientôt en notre tout aussi bel Hexagone.

par Michaël publié dans : Monsieur sans Madame
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Vendredi 25 avril 2008

Petit témoignage a posteriori... Mieux vaut tard que jamais !

Automne 2005 : nous partons en famille nous installer aux confins de l’Europe, en Bulgarie. Contrairement à la majorité de la communauté expatriée, notre lieu de villégiature n’est pas Sofia, mais Varna, station balnéaire des bords de la Mer Noire et premier port militaire du pays. L’histoire de la Marine bulgare est fortement liée à son homologue française : jusque dans les années Trente, les bâtiments étaient français et le premier chef d’état-major et principal organisateur de la Marine bulgare, le CV Paul Pichon, fut officier français avant d’entrer au service des princes bulgares. Varna fut aussi un haut lieu de la guerre de Crimée, puisqu’avant de débarquer dans la baie d’Eupatoria en septembre 1854 et d’arracher Sébastopol aux Russes, la coalition franco-britannique fit de cette ville fortifiée sa « base de commandement des opérations en Orient », base que marqua une des plus terribles pages de cette guerre : le choléra décima en quelques semaines plus de 6.000 soldats et marins français. Un monument aux Morts rappelle encore aujourd’hui cet épisode tragique.


La vie à Varna favorisant une relation suivie avec l’Etat-major de la Marine bulgare, la Mission Militaire m’a proposé un ESR afin de seconder l’Attaché de Défense dans la gestion des escales. Deux bâtiments français devaient en effet faire escale en Bulgarie en 2006.


L’exercice multinational BREEZE se déroule cette année là au large de Varna et la Marine française a décidé de renforcer sa coopération militaire avec la Bulgarie en y envoyant le chasseur de mines tripartite (CMT) Capricorne. Jeune enseigne de vaisseau, j’ai la chance de représenter à la sortie de l’hiver –rigoureux hiver bulgare- notre pays aux réunions préparatoires, en compagnie d’officiers supérieurs américains, turcs, grecs, espagnols, ukrainiens, roumains et bulgares… Une belle occasion d’approfondir la gestion d’un tel exercice (près de 20 bâtiments participants) et de réaliser une « étude sociale » sur la condition de l’officier de marine dans ces pays !


 Les jours précédents l’arrivée du Capricorne sont consacrés à la gestion des derniers détails (organisation des plongées franco-bulgares, sécurisation des lieux, activités protocolaires), à l’avitaillement du bâtiment (lien avec le shipchandler) et aux propositions de visites, puisque vivre sur place me donne le titre honorifique de GO... L’exercice est un exemple de coopération et « d’entente cordiale entre les peuples », et j’ai la chance de participer aux activités sociales et d’embarquer une journée à bord du bâtiment au large du Cap Kaliakra : exercices de tir, chasse aux mines, plongées communes. Cette escale est une formation accélérée qui vient compléter fort à propos le cycle des enseignes de vaisseau de l’année passée.

Le salon EURONAVAL qui a lieu au Bourget est l’occasion pour moi de découvrir la Marine bulgare sous un autre angle. La délégation emmenée par le CEMM bulgare suscite l’intérêt des industriels : la Bulgarie qui représente la future frontière orientale de l’Europe a d’ambitieux projets de modernisation de sa flotte et de sécurisation de ses frontières.


Le 11 novembre, une cérémonie est organisée par grand froid au cimetière militaire français de Sofia, à la mémoire des morts de la Grande Guerre et plus particulièrement des victimes des opérations menées en Orient, trop souvent oubliées. L’ensemble du corps diplomatique est présent, allemand et nord africain compris.


En décembre, retour à Varna : le Dupuy de Lôme y fait escale quelques jours. Le grand bâtiment blanc, dernier né de la Marine française et concentré de technologies et de compétences, fait impression à son entrée dans le port de la ville. La saison estivale est terminée, mais l’escale qui vient clôturer une longue mission est appréciée par tous : c’est l’occasion de découvrir la ville, l’exposition sur l’Or Thrace –avant son départ pour Paris-, de vivre la Saint-Nicolas à la bulgare, et de faire quelques achats avant de rentrer à Brest pour Noël …


Au lendemain de l’entrée officielle de la Bulgarie dans l’Europe, c’est à mon tour de plier bagage : ma mission est terminée et aucune escale n’est prévue avant le printemps prochain. Ces 18 mois au pays du yaourt, terre de contrastes, ont constitué une expérience humaine très enrichissante, renforcée par ma participation aux activités de la Mission Militaire, rendue possible grâce à l’enthousiasme et à la disponibilité de ses membres. La coopération militaire avec la « nouvelle » Europe * est un vecteur incontestable de rayonnement pour la France, de francophonie et de développement commercial et industriel.


Si vous aussi -jeunes officiers de réserve- êtes amenés à partir vivre à l’étranger, n’hésitez pas à solliciter les acteurs locaux : les bonnes volontés sont toujours les bienvenues, c’est une formidable école de la vie et une expérience marine inoubliable !
 

Michaël,
officier de Marine à ses heures perdues

* Bulgarie et Roumanie: La Défense française dans la "nouvelle" Europe, thème du colloque tenu lors de l’AG de l’ANAJ-IHEDN, samedi 31 mars 2007 à l’Ecole Militaire.

par Michaël publié dans : Monsieur sans Madame
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